Philippe Viejo vit et travaille entre l’Europe et le Mexique.
Son œuvre se déploie comme un récit visuel façonné par le mouvement, la mémoire et le lien humain. Voyageur au long cours, Viejo puise dans le déplacement la matière même de sa peinture : une beauté brute, saisie au vol, restituée par une technique qui lui est propre — résine, verre et transparences superposées, ce qu’il nomme ses « éclats de vie ».
Ses compositions oscillent entre abstraction et figuration. La lumière y traverse la matière, la texture retient l’accident, la couleur porte tour à tour l’intensité urbaine et le recueillement intime. Chaque strate de résine agit comme un seuil : elle donne à voir et retient à la fois, différant le regard, reconstituant la manière dont une image se sédimente dans la mémoire.
Son séjour à Mexico marque une inflexion décisive. La ville, dans sa densité et ses contradictions, nourrit une réflexion sur la dualité de l’humain — son éclat et sa complexité, sa violence et sa tendresse. De cette expérience naît une peinture qui refuse la synthèse et préfère la coexistence des contraires.
Chaque œuvre devient un passage entre monde intérieur et monde extérieur. Le spectateur, placé devant ces surfaces à la fois réfléchissantes et poreuses, s’y trouve renvoyé à sa propre trajectoire.